Passer au contenu

Quatrième semaine de juin : été incertain

Cette semaine nous avons beaucoup posé cette question « vous faites quoi cet été ? ». On l’a posé aux habitant.es comme aux professionnel.les. dans les deux cas, la réponse est « je ne sais pas encore. »

Peut-être qu’il y aura de l’eau dans la pataugeoire.

Peut-être que même avec un budget grevé par le confinement on pourra partir sur la côté atlantique en camping.

Peut-être que les frontières ré-ouvriront.

Peut-être que les usager.es du centre socio-culturel voudront aller à la plage et qu’on pourra s’organiser pour partir en car.

Peut-être.

C’est le mot de l’été, un été incertain.

Lundi

En arrivant sur le quartier, on constate que les travaux du terrain de basket vont commencer; C’est au terrain de basket, en janvier, lors du vote des habitant.es pour le nouvel habillage du terrain que nous avons rencontré les premiers personnages de La bonne cage, Sylvie et Yoan.

Lundi 22 juin les travaux du terrain de basket vont commencer

Direction le centre socio-culturel de la Boissière. On part en promenade avec Jules Verne ou plutôt avec Matthieu du CSC qui a glissé Voyage au centre de la terre dans son sac à dos et invite les habitant.es à une ballade contée les lundis après-midi. Aujourd’hui, Annie, Catherine et Christine se sont jointes au groupe. Les deux premières sont des usagers assidues du centre socio-culturel depuis de nombreuses années, Christine est arrivée à l’automne à Nantes. Elle avait envie de rejoindre l’ouest pour y passer sa retraite, elle a hésité à s’installer sur la côte mais du fait de problèmes de santé, elle a décidé de s’installer dans une ville disposant d’un C.H.U. (Centre Hospitalier Universitaire).

Pendant 15 minutes, on marche sur le bitume. On traverse les immeubles en passant par le centre commercial. Puis de son parking on rejoint les rues pavillonnaires. De rues en rues, les pavillons changent de deviennent plus cossues jusqu’à ce qu’on arrive dans une coulée verte qui nous amène au bord du Cens.

Catherine et Christine poursuivent la ballade, Annie qui a des difficultés à marcher longtemps prend le bus pour deux arrêts. On rentre à pied avec Matthieu. On a rendez-vous avec Jean-Louis et Marie-Thérèse, arrivés dans le quartier à la fin des années 1970 et qui ont beaucoup milité pour l’amélioration des conditions de logement et de vie à la Boissière. En allant chez eux, on longe les maisons des castors qui jouxtent les immeubles.

Une maison des Castors, des pavillons que les habitant.es construisaient eux-mêmes

Mardi

Nouvelle journée à la Boissière, encore une fois entre béton et verdure. Vendredi dernier lors d’une exploration, nous avons découvert la ferme urbaine du Contrevent. Sur le portail il y avait un numéro de téléphone que l’on a appelé samedi, ce qui nous amène à aujourd’hui où nous rencontrons Morgane et Hugo qui font vivre ce projet avec Maxime qui l’a initié il y a 1 an grâce au soutien de ses parents.

Cette rencontre a lieu à un moment où l’on travaille sur un épisode sur l’histoire du quartier. Les champs s’étendaient à perte de vue jusqu’aux années 1950. Le béton les a progressivement remplacés à mesure que s’étendait la ville, en longueur et en hauteur. Vendredi on rencontrait Margaux aux jardins familiaux, hier Jean-Louis nous emmenait dans son jardin près de la prison. Aujourd’hui on est à la ferme, au milieu des arbres, entre les immeubles et le périphérique.

Tout ça nous amène à changer notre programmation estivale pour construire fin aout un épisode sur les jardiniers de Nantes Nord.

On rejoint ensuite le centre commercial, plus précisément l’Escale. On y croise Nabila avec qui on prend rendez-vous pour un entretien dans quinze jours. On s’est beaucoup croisées depuis février mais on ne s’est jamais posé pour un entretien approfondi.

L’après-midi, on sillonne le quartier. On noue de nouveaux contacts, on prolonge des conversations initiées dans les précédentes semaines. On finit la journée près de la pataugeoire, le lieu est sillonné par les scooters qui passent bruyamment à côté des enfants et des nounous qui ont donné rendez-vous aux parents près des jeux pour enfants.

Mardi 23 juin, la pataugeoire

Mercredi

C’est jour de montage.

On l’a dit plus haut, le prochain épisode porte sur l’histoire du quartier. Pendant la ballade lundi, Christine et Catherine ont, avec gentillesse, accepté de lire des textes qui témoignent d’une mémoire locale très forte et d’un travail d’historien amateur coordonné pendant une décennie par Francis au sein de l’association d’Action Socio-Culturelle et Educative de la Boissière (A.A.S.C.E.B).

On en profite aussi pour prendre de l’avance sur les prochains épisodes en contactant les chercheuses que l’on aimerait interroger.

On s’inquiète aussi pour notre prochain épisode, puisqu’il est probable qu’on vous y parlera d’une pataugeoire sans eau.

Vendredi

Il y a plusieurs semaines, durant le confinement, on rencontrait par téléphone Valérie, bénévole au sein de l’association Les petits frères des pauvres. Chaque semaine, elle rend visite à Hélène, une femme âgée très isolée. Durant le confinement, ces visites s’étaient transformées en appels téléphoniques. On s’était dit qu’une fois le confinement fini, on essaierait de suivre Valérie dans une visite. Plusieurs fois Valérie a demandé à Hélène si elle acceptait de nous rencontrer, elle a répondu, oui puis non puis oui puis non.

Ce matin, on attend d’avoir Valérie au téléphone pour savoir si cette fois ce sera oui. C’est le cas. C’est une gros effort pour Hélène de nous rencontrer, être confrontée à des inconnues est source d’angoisse pour elle car elle ses jambes tremblent beaucoup et qu’elle craint le regard et le jugement des autres.

Quand on sonne à la porte vers 15H00, Hélène nous reçoit avec le sourire, du jus d’orange et de petits oursons en guimauve. On parle de son isolement, de sa dépression, de Nolween Leroy dont elle connait tout et de télé-réalité. On discute un peu aussi des articles de presse qu’elle a accroché aux murs qui la montrent en train de faire des activités avec l’Escale. Pour elle c’est la vie d’avant, la vie de quand la maladie ne l’empêchait pas de sortir de son logement.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *