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Première semaine de juillet : si….

Cette semaine pour nous a été ponctuée de conseils de classe. Avec nos collègues on s’est demandé.es comment on ferait si on devait reconfiner, si on devait alterner distantiel et présentiel, si on devait travailler en présentiel mais en réduisant les interactions entre étudiant.es, si les étudiant.es allaient faire leur rentrée avec le confinement en tête, si il fallait leur donner des conseils en termes d’équipements au cas où, si…….

Pour Mélina, à l’école maternelle du quartier, c’est la dernière semaine. il y a beaucoup de si dans les discussions de l’équipe mais il y a encore plus de même si.

Faire malgré, faire quand même.

Permettre aux enfants de vivre une expérience scolaire qui les protège et les aide à grandir, malgré et quand même. L’année a été épuisante mais l’équipe continue à travailler pour conserver le lien avec les familles et être prête à tous les si à la rentrée. C’est la même chose à l’Escale, au centre socio-culturel et à Empowernantes.

Le terrain de basket fait peau neuve, les travaux d’installation des jeux vont commencer.

Si il n’y a pas de retard , en aout il y aura de l’eau dans la pataugeoire.

Lundi

Fin janvier, on faisait nos premiers pas sur le quartier. On rencontrait Sylvie et Yoan au terrain de basket. Les habitant.es votaient pour choisir le nouvel habillage du terrain, c’est le projet de la street artist LadyBug qui était retenu.

Le marquage devait être fait au début du printemps et l’habillage faire l’objet d’un chantier participatif en mai. Si il n’y avait pas eu le confinement.

La semaine dernière, en revenant de la ferme urbain du contrevent, nous avions croisé les ouvriers effectuant le marquage.

Ce lundi le scotch a une nouvelle fois couvert les lignes.

Cette fois, il s’agissait de préparer le terrain pour une première passe de couleurs, noire et orange. Des jeunes dans le cadre du programme Plan Job et des habitant.es, jeunes et moins jeunes, sont venus aider à nettoyer le terrain.

Tout au long du projet, Ladybug s’appuie sur les habitant.es. Elle explique, elle répète, elle identifie des tâches pour chacun.e. Yoan court un peu partout, fait face à une panne de courant, à la peinture qui manque, aux voisin.es curieux.ses ou impatient.es et surtout à la pluie qui toute la semaine menace l’avancée du chantier.

Mardi et Mercredi

On court après le temps ! On jette parfois un regard vers le ciel menaçant en se demandant si le chantier avance. On voit sur Instagram que les pochoirs se préparent. Il faut évider tous les trous du pochoir qui permettront de créer le visage des 4 basketteurs américains qui occuperont le terrain. Le nom de l’artiste Ladybug fait référence à sa technique particulière, elle utilise le motif du point pour ses créations.

L’épisode 8 qui sort mercredi parle de l’histoire du quartier, l’histoire des faits nationaux et internationaux à laquelle se mêle les trajectoires de vie des habitant.es et la mémoire d’un quartier d’habitat social qui fut à l’origine de nombreuses innovations comme la premier centre culturel initié par des habitant.es dans les années 1960.

Dans notre bonus, la sociologue Margot Delon, chargée de recherche au CNRS, nous parle de son travail de thèse sur les trajectoires biographiques de personnes qui ont passé une partie de leur jeunesse dans les cités de transit. La mémoire des bidonvilles est l’enjeu de luttes importantes, elle est dominée par une histoire institutionnelle qui gomme les aspérités des expériences habitantes et des rapports de domination.

Quand on rencontre des habitant.es on leur parle du podcast et on les invite à l’écouter. La plupart ne connaisse pas le format « podcast » et nombreux.se écoutent les formats sonores sur You Tube surtout parmi les plus jeunes. Du coup, on a décidé de se lancer progressivement dans une chaîne You Tube.

Cette semaine on y propose un bonus sur l’histoire du quartier.

Ainsi qu’une visite la ferme du Contrevent. Les terres agricoles ont disparu progressivement du quartier dans les années 1950, l’agriculture urbaine fait son retour sur le quartier avec un projet porté par 3 jeunes de 25 ans, Morgane, Maxime et Hugo.

Jeudi

Le beau temps n’est toujours pas revenu. Mais d’autres choses reprennent, on passe ainsi à la Bibliothèque Universitaire sur le chemin de la Boissière. C’est la première fois depuis mars.

Surprise en arrivant, il y a des travaux près de la pataugeoire. Renseignements pris, il s’agit de l’installation de canalisations pour le réseau de chaleur. Ensuite seront installés les jeux que les habitant.es attendent avec impatience depuis que l’araignée a été enlevée.

Les travaux jeudi après-midi

Dans notre ballade de quartier, on passe prendre des nouvelles de l’Escale où Christine prépare entre autres une sortie au théâtre de plein air et du centre socio-culturel où se programment aussi les sorties estivales. C’est le jour des paniers de fruits et légumes toujours très prisés des habitant.es. Mélanie, habitante présidente du conseil d’équipement est très fière de cette initiative.

Le centre socio-culturel jeudi après-midi

Il est bientôt 17H00, c’est le grand moment. Le Grand Moment, même. On traverse la ligne de tram, direction l’école maternelle. Durant le confinement, nous nous étions entretenues par téléphone avec la directrice, Mélina. On avait hâte de la rencontrer, mais chaque fois que l’on a tenté de se voir correspondait à l’émission par l’Etat d’un nouveau protocole sanitaire à mettre en place. L’équipe de l’école a travaillé d’arrache pied, en présentiel et en distantiel, pour garder le lien avec les enfants et leur famille. L’année a été extraordinaire, les personnels de l’Education Nationale, aussi.

On évoque cette période, la fin de l’année et nos projets pour l’année prochaine, nous aimerions pouvoir suivre plusieurs familles tout au long de l’année. Il vous faudra attendre notre épisode 13 « Rentrées scolaires » pour savoir si nous y arriverons.

Vendredi

Le chantier reprend au terrain de basket. Durant toute la journée, les habitant.es s’activent avec Yoan et Ladybug. Le livreur pour la peinture crève au centre-ville, le vent se lève au moment où la street Artist se prépare à réaliser le premier visage au pochoir, mais rien les arrête. On voit écrit un peu partout le mot « résilience » qu’on associe souvent à de grands mouvements extraordinaires. Mais en fait ce qui se joue à l’échelle de ce terrain de basket c’est ce qu’à notre avis on devrait avoir à l’esprit quand on emploie ce mot.

le terrain de basket vendredi matin
Le pochoir de Michael Jordan se prépare,
Les cris de joie résonnent au moment du dévoilement du premier visage

Ce week end le travail continue, en profitant de la moindre éclaircie, le chantier sera finalisé jeudi et vendredi prochains.

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