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Deuxième semaine de juillet : que d’eau, que d’eau

La pluie a cessé, le chantier du terrain de basket peut reprendre mais pas avant jeudi, l’artiste Ladybug est sur un autre projet dans une commune voisine en début de semaine.

L’eau est arrivée dans la pataugeoire dimanche. Lundi après-midi la plupart des habitant.es ignoraient encore que le bassin avait été remis en eau.

Dans l’épisode de la semaine prochaine, on vous emmène à la pataugeoire et en septembre on vous invitera à l’inauguration du terrain de basket. Cet été, un beau programme nous attend, entre sable et bitume.

Lundi

Depuis la semaine dernière, nos plannings concordent peu, chacune est prise dans des conseils de classe et réunions de fin d’année. Aujourd’hui c’est Fred qui est dispo pour aller à la Boissière.

Nos entrées dans le quartier suivent souvent le même tracé : descente à l’arrêt de tram, passage entre les deux tours de la rue des Renards pour un cheminement jusqu’au centre social. Premier coup d’oeil vers le centre pour voir si tout va bien. En ce début d’après-midi, Fred croise Annie, Christine et Catherine qui sont déjà là, leur sac sur le dos. C’est LE moment-ballade avec Mathieu du centre social ! Une ballade hebdomadaire qui s’est donnée comme objectif d’égrener les chapitres de Voyage au centre de la terre de Jules Verne au gré des chemins ombragés qui partent de la Boissière. On vous en parlera bientôt…

Photo prise le lundi 22 juin 2020

Une fois le centre social passé, deux options : tourner à gauche pour rejoindre l’Escale en passant devant le terrain de basket ou continuer tout droit pour aller faire un tour à la pataugeoire. Pour l’instant, rien d’anormal. Le rituel. Sauf que ce lundi 6 juillet est un jour spécial : pour la première fois, Fred voit de l’eau dans la pataugeoire !

La Boissière cette semaine, entre loisirs et chantier.

Depuis des semaines, dans toutes nos conversations avec les habitant.es, on en venait à parler à un moment ou un autre de l’avancée des travaux (de gros tuyaux et un tas de sable jouxtent la pataugeoire) et de la mise à l’eau de la pataugeoire (« imminente » pour les uns, « impossible » pour les autres… les paris allaient bon train).

Et là, donc, de l’eau. Et même une petite fille qui après avoir délicatement déposé sa serviette sur l’herbe, se jette dans l’eau, avec des cris de joie ! Fred enregistre le moment, précieux.

Pendant ce temps-là, Elvire dé-zoom chez elle le temps de réceptionner notre nouveau micro.

Mercredi

On se retrouve à l’arrêt de tram pour partir ensemble direction La Boissière. En arrivant à l’Escale on croise Christine et Marie-Noëlle de retour d’un café-mobile. Le café mobile, on vous en avait parlé cet hiver, c’est une table pliante à installer dans l’espace public. Autour d’un café et d’un petit gâteau, les habitant.es peuvent s’arrêter, parler de leur quotidien ou solliciter les professionnels pour être soutenu dans leur accès aux droits et services publics.

Photo prise le 05 février 2020

On s’installe dans la bonne humeur, on est contentes d’étrenner ce nouveau micro qui nous a bien fait défaut durant les conversations à distance pendant le confinement. Mélanie nous rejoint. On devait la voir vendredi dernier, mais nous n’avions pas réalisé que c’était le dernier jour d’école et qu’elle préfèrerait le passer avec ses enfants, leurs professeur.es des écoles et les autres mères du quartier.

Premier essai avec le nouveau micro

Mélanie est née et a grandi à la Boissière. Elle y est revenue adulte pour y élever ses deux enfants, qui ont une dizaine d’années aujourd’hui. Lorsqu’elle a ré-emménagé dans le quartier, elle est très vite aller se renseigner au centre socio-culturel sur les activités pour les jeunes enfants. Y passant de plus en plus de temps, elle est devenue membre du conseil d’équipement avant d’en prendre la présidence il y a quelques années. En hiver, elle rejoint d’autres mères et nourrices à la ludothèque après l’école. Les beaux jours venus, tout le monde se retrouve sur les bancs entre le toboggan et la pataugeoire.

Hiver à l’intérieur du centre socio-culturel, photo prise le 19 février 2020. Ci-dessous le point de rendez-vous des beaux jours, photo prise le 09 juillet 2020.

Jeudi

Une longue journée nous attend. On se retrouve de bonne heure en ville pour être au plus tôt à l’Escale. Pendant qu’on s’installe, Christine accueille les habitant.es venus prendre un café avant leur activité collective sportive au Petit Port.

C’est jour de montage. Il s’agit de l’épisode 9 consacré à la pataugeoire. C’est le premeir épisode que l’on monte en étant dans la même pièce ! Ça fait du bien.

Chacune à son tour dans l’après-midi, nous allons faire un petit tour dans le quartier pour aller prendre des photos et des sons d’ambiance au terrain de basket où le chantier a repris et à la pataugeoire.

Le terrain de basket le 0ç juillet 2020

A 18H00, c’est presque fini, on remet la fin du montage au lendemain car plusieurs usager.es se sont donnés rendez-vous pour aller avec Christine de l’Escale voir une pièce de théâtre gratuite.

On part de l’Escale à pied pour rejoindre le tram dans lequel on monte pour 3 arrêts. Il nous reste ensuite quelques minutes de marches pour parvenir au lieu du spectacle. 6 habitant.es participent à la sortie, chacun.e est venu.e seul.e. Se retrouver à l’Escale pour aller au spectacle en groupe les rassure et les motive à sortir. Certain.es font partie du groupe Les curieux spectateurs impulsé par le Département de Loire-Atlantique qui soutient les habitant.es qui souhaitent accéder à la culture et aux loisirs.

Départ de l’Escale le 0ç juillet 2020

On s’installe. La pièce commence. L’une des habitantes fait une remarque à voix basse sur la cigarette que vient de jeter par terre un comédien. Juste avant le spectacle, elle nous disait combien l’odeur la rendait malade alors que son voisin nous parlait de son budget serré dans lequel le tabac tient une place importante avec 25 euros dépensés chaque semaine. Pendant le spectacle, le comédien ne va cesser de revenir vers l’habitante, chaque fois avec une cigarette, la prenant à partie.

En nous le malaise monte. Sur scène, un homme débraillé, la clope au bec et l’alcool à la main se frotte à d’autres comédien.nes . Ce sont des codes associés aux marginaux et aux classes populaires qui sont utilisés pour créer un effet comique et mettre en évidence le sous-texte de la pièce. Quatre habitant.es partent durant le spectacle. Les autres attendent la pause entre la première pièce et l’intermède pour quitter les lieux.

On termine la pièce en ne sachant pas comment on va rendre compte de cette violence symbolique qui nous reste en tête le lendemain.

Vendredi

Quand on arrive sur le quartier, on fait notre tour habituel (décrit plus haut) et on tombe sur la pataugeoire vidée. Le chantier est toujours à l’arrêt, mais certaines barrières de fer qui le protègent très maladroitement, sont tombées, laissant à nu des trous de plusieurs mètres. Des pierres et des pavés sont dans la pataugeoire, il y a aussi de la terre ocre et un vieux t-shirt abandonné…. Alors qu’avec de l’eau cette pataugeoire vieillissante apportait un peu de vie à l’espace, ainsi vide et nue, elle semble à elle seule incarner l’abandon par les pouvoirs publics des quartiers d’habitat populaire.

Le coeur de la Boissière le 10 juillet 2020

Renseignements pris auprès d’Eric un jardinier de Nantes Métropole Habitat, le bailleur, qui est de bon matin avec sa pique et son sac poubelle pour ramasser les déchets, tout est normal : la pataugeoire est ainsi vidée pour être nettoyée et re-remplie. A 11h30, quand on quitte la Boissière, la pataugeoire est toujours un trou béant.

la pataugeoire et le chantier du réseau de chaleur le 10 juillet 2020

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