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Quatrième semaine de septembre : début d’un drôle d’automne

Ça y est, c’est parti pour une nouvelle saison de la Bonne cage ! On s’en réjouit, bien sûr, et en même temps on est un peu comme tétanisées, bien incapables de dire ce que les prochaines semaines nous réservent… Sur le terrain, les inquiétudes se font de plus en plus audibles. Depuis que la ville de Nantes est passée en zone rouge et que le port du masque est devenu obligatoire partout, certaines personnes s’isolent encore davantage et ne sortent plus du quartier. C’est en tout cas l’écho que nous en font les professionnel.les qui travaillent dans les équipements de proximité sur le quartier : le centre social, l’Escale, les locaux d’Empowernantes deviennent des lieux-refuges. On s’y croise avec le masque, mais on se connaît et reconnaît, on s’y sent comme un peu protégé de l’extérieur. Si l’été est passé tant bien que mal entre les travaux, les vacances écourtées faute de budget, les tours de scooters des petits dealers de la pataugeoire… tout le monde s’inquiète désormais de la manière dont va s’étirer en longueur ce drôle d’automne.

Mardi

Premier jour de l’automne donc.

En début de soirée, on fait un entretien via zoom avec la chercheuse Héléna Revil qui travaille sur le non-recours et le renoncement aux droits santé et qui dirige l’ODENORE. On se réjouit de renouer avec les entretiens en longueur. Celui-ci est passionnant. On échange avec elle sur la nécessité de déconstruire les mots qu’on mobilise pour penser ce phénomène social. Par exemple, quand on parle de « renoncement aux droits », cela suppose que la personne ait déjà eu conscience de son « besoin », ce qui, dans la réalité, est loin d’être toujours le cas. De la même manière, parler de « non recours » sous-entend de façon normative que les personnes devraient se soigner. Ces réflexions méthodologiques croisent des impératifs éthiques : comment rendre compte de façon la plus fidèle possible la réalité des personnes concernées ? Vous pouvez écouter ici l’entretien avec Héléna Revil en bonus de notre épisode 14 consacré à l’accès aux droits.

Mercredi

On a rendez-vous avec la famille David au gymnase Lucien David – du nom du grand-père – anciennement gymnase de la Chauvinière. C’est LE club de basket du quartier. Le grand-père l’a créé en 1946 sur le quartier, puis ensuite les David de père en fils ont continué à écrire l’histoire du club. Dans la discussion, Yohann, l’actuel président, et son père, Daniel évoquent à plusieurs reprises la manière dont pour eux le sport doit jouer un rôle d’encadrement pour la jeunesse des quartiers populaires. Le sport, c’est des règles de jeu, des entraînements qui ponctuent les semaines, des adultes qui encadrent, des compétitions qui structurent les week-ends, des temps festifs qui fédèrent une communauté… Le club de basket la Chauvinière, au même titre que l’Etoile du Cens pour le foot, sont des institutions historiques sur le quartier qui continuent d’avoir un rôle structurant pour de nombreux jeunes qu’on a croisés dans le cours de notre enquête. On devrait d’ailleurs vous parler de ça dans le prochain épisode de la Bonne cage.

Après l’entretien avec les David, on part rejoindre Sylvie à Empowernantes. Elle nous avait appelé quelques jours plus tôt pour nous inviter au lancement de son association Cultive ton bio. Quand on arrive vers 16h00, une petite poignée de personnes s’activent autour de la table pour préparer un plat de tomates coupées. Il y a aussi Quentin, animateur qui a l’habitude d’intervenir auprès des habitant.es pour les aider dans la création de jardins partagés. Sylvie, elle, est confiante. La pluie battante qui tombe ce jour-là sur la Boissière est propice à ramollir la terre. Le premier coup de pelle devrait intervenir sous peu, ensuite il faudra pailler, installer des clôtures, planter les premiers fruitiers et surtout « des mûres sans épine pour les gamins du quartier », comme dit Sylvie. Des feuilles A4 sont placardées au mur pour essayer d’organiser un peu les tâches : les formations compost, l’atelier affiche pour communiquer sur le projet dans les cages d’escalier, les premiers ateliers semis… La dégustation des tomates coupées cuisinées doit servir à appâter les habitant.es sur le trottoir d’Empowernantes et leur présenter le projet de l’association. Finalement, on doit quitter les lieux avant d’avoir pu savoir si la pluie a eu raison des bonnes volontés… Mais qu’elle qu’ait été l’issue de l’entreprise, on ne peut que reconnaître que le temps est long de fédérer les habitant.es autour d’un projet !

Jeudi

On a rendez-vous avec un rédacteur de Mosaïque, lle journal local de Nantes Nord, pour évoquer avec lui la Bonne cage. On se donne rendez-vous à l’Escale et on tombe en plein rangement d’automne ! Marie-Thérèse et Monique sont venues aider à vider l’armoire du local et à trier les cartons de l’atelier bricolage. Tissus, papiers crépon, cartons… durant des années, l’atelier bricolage a réuni des dames du quartier, mais depuis le confinement l’activité a stoppé et la dynamique peine à reprendre.

Déballage à l’Escale

On finit la journée par un tour au contre social. C’est le jour de la distribution des paniers et il y a beaucoup de monde dans le hall. L’aide financière en direction des familles les plus fragiles mise en place pendant le confinement a été maintenue et le panier de légumes et de fruits frais reste abordable (5 euros). Pour Muriel, la directrice du centre, cette action est au coeur des missions d’un équipement de proximité en bas des tours. Et encore plus dans la période actuelle.

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