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2ème semaine de novembre : s’habituer

Depuis l’annonce du (re)confinement, on a repris les entretiens par téléphone pour continuer l’enquête à distance. Depuis l’expérience du confinement du printemps, on préfère désormais passer par Skype pour pouvoir enregistrer les voix soit directement en passant par l’ordinateur, soit grâce un enregistreur zoom externe. A chaque fois, on passe donc d’abord un premier coup de fil à la personne qu’on veut joindre pour lui demander si on peut la rappeler par Skype pour procéder à un enregistrement.

Mais, ce nouveau coup d’arrêt dans notre immersion sur le terrain ne ressemble pas tout à fait au premier. D’abord, on a l’impression de maîtriser un peu mieux les outils. Ensuite et surtout, la relation avec les habitant.es est plus solide. Au fil des mois, il s’est établi un lien de confiance avec certain.es habitant.es. On est connues et reconnues. Le ton est plus cordial, plus assuré que la première fois. Et puis avant de raccrocher, on se promet de se revoir bientôt…

Lundi

On appelle Sylvie qu’on n’avait pas réussi à joindre en fin de semaine dernière. Elle décroche avec une toute petite voix. Comme au printemps, elle vit très mal le fait de ne pas pouvoir sortir de chez elle autant qu’elle le souhaiterait. Nous avons souligné à plusieurs reprises dans nos épisodes de quelle manière l’espace extérieur constitue une extension du logement d’autant plus précieuse que les lieux de vie sont exigus. Si on l’a surtout évoqué pour les enfants et les ados, c’est aussi vrai pour des habitant.es comme Sylvie, Henri – « l’homme au petit chien » – ou « le forain »… des figures du quartier qui passent beaucoup de temps entre le trottoir d’EmpowerNantes et le bureau de tabac.

Il est d’autant plus difficile pour Sylvie de se retrouver aujourd’hui à nouveau confinée qu’elle s’était lancée depuis quelques semaines dans la mise en culture d’une parcelle dans le cadre de son association « Cultive ton bio ». Or depuis quelques jours, tout est à l’arrêt, plus rien ne pousse.

Mardi

Le soir, après une journée de travail bien remplie, on se retrouve sur Skype pour écouter et monter les premiers témoignages que nous avons recueillies. Il nous semble entendre dans ces fragments de paroles des éléments qui renvoient à des éléments singuliers de trajectoire, mais aussi des échos à notre condition partagée de « confiné.es » en ce début de mois de novembre.

C’est le premier épisode qu’on fabrique à nouveau à distance.  Et là aussi, on retrouve des réflexes : partage d’écran, document partagé pour écrire le texte de nos voix… C’est moins drôle, mais ça a moins le mérite d’être efficace.

Mercredi

On appelle Philippe et Christine de la résidence autonomie. Philippe, on prendra le temps de vous le présenter un peu plus lors d’un prochain épisode. Il fait partie de ces habitant.es, avec qui le contact s’est noué au fil des semaines, depuis l’été. On l’a croisé plusieurs fois, aux distributions de paniers du centre social, à la sortie théâtre de l’Escale, aux jardins partagés, mais on n’a pas encore réalisé un entretien posé à son domicile, comme avec d’autres… Avec lui, on parle surtout de concert, de films – c’est un amateur passionné du cinématographe – de ses lectures et de ses découvertes de la sociologie via youtube ! Depuis le début du reconfinement, il sort faire de grandes ballades le long de l’Erdre, la seule façon pour lui de « tenir le coup », comme il le dit.

Quant à Christine de la résidence autonomie, elle va bien. Elle râle un peu – ce qui est plutôt bon signe chez elle ! – continue de manger le midi au restaurant collectif et cuisine pour elle le soir – « des soupes, des soupes et encore des soupes » !…

Voilà en résumé les nouvelles confinées du petit monde de « la bonne cage »… Et on vous promet de continuer à vous en donner dans les prochains épisodes. Restez à l’écoute !  

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