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3e semaine de novembre : l’impression de tourner en rond

Cette semaine encore nous avons continué à maintenir le lien par téléphone.

Mercredi

Nous mettons en ligne notre épisode 18 (déjà !) qui évoque la manière dont on vit  le retour du confinement à La Boissière. On retrouve des voix désormais connues de la Bonne cage : Jeanine de la bande des Curieux spectateurs qui se retrouve pour des sorties culturelles ; Annie, une habituée des ballades organisées par Mathieu de centre social et Sylvie qui vient de commencer à défricher une petite bande de terrain pour lancer son projet de culture de légumes bio… Chacune à leur manière elles disent cet étrange sentiment d’être prises dans un temps suspendu. Se confiner, attendre, espérer.

Jeudi

En début d’après-midi, nous animons un temps de formation aux statistiques auprès des professionnels du territoire de Malakoff, un quartier de Nantes sur lequel nous menons un diagnostic partagé centré sur la question du vieillissement. A travers ce temps d’échanges qui se déroule en visio, l’objectif est de fournir des clés de compréhension nécessaires au bon décryptage des chiffres. On a trop souvent l’illusion que les chiffres disent LA vérité car ils sont une donnée réputée objective. Or les chiffres comme toute production de sens, sont révélateurs d’un certain nombre de choix (population étudiée, variables d’analyse retenues, etc.). Et puis certaines réalités ne peuvent être que partiellement éclairées par les chiffres. C’est le cas, par exemple, du rôle joué par les aidants – en l’occurrence plutôt les aidantes – dans le soutien apporté à leur conjoint à domicile. Pour rendre compte de cette réalité sociale, le recueil de paroles est nécessaire, afin d’incarner les chiffres dans des récits de vie.

C’est ce que nous dit le témoignage d’A. dont vous parlera un de ces prochains jours dans la Bonne cage… A., on l’appelle ce jour-là sitôt notre visio terminée. On évoque avec elle quelques uns des bons souvenirs  qu’elle garde de l’Escale. En effet, dans quelques semaines, ce lieu géré par le CCAS doit déménager du petit centre commercial de la Boissière appelé à la destruction pour aller s’installer dans le centre social, et dans ce cadre on essaye d’appeler des habitué.es du lieu pour recueillir leur témoignage. Pour A., qui s’occupe depuis plusieurs années maintenant de son mari atteint de la maladie d’Alzheimer, l’Escale ça a toujours été « sa bouffée d’oxygène », comme elle dit. Elle y a animé pendant de longues années un atelier bricolage une fois par mois, en parallèle de son investissement bénévole « chez Mathieu » (au centre social) et « chez Christine » (au CAPS, un restaurant solidaire qui propose des repas à prix réduits sur Nantes Nord).  

Mais au fil des années, sa propre santé s’est dégradée au même rythme que la maladie de son mari s’est accentuée. Aujourd’hui, il lui est de plus en plus difficile de laisser son mari seul à la maison. Alors elle veille, fidèle, inquiète des évolutions à venir de la maladie. Et puis avec le reconfinement, les choses tournent encore un peu plus en rond que d’habitude. Pourtant, elle finit l’entretien en disant ; « J’ai plein de bons souvenirs à l’Escale… mais ce n’est pas fini, il y en aura d’autres ! »

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