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4eme semaine de novembre : solidarités confinées

Durant le premier confinement nous avions été coupé du terrain pendant deux mois. Dans ce nouveau confinement étrange, nous voici, déjà ou enfin ?, de retour à la Boissière le temps d’une journée. Bien décidé.e.s à ne pas perdre le contact avec le terrain et le lien avec les habitant.e.s rebâti cet été, les professionnel.le.s du quartier se lancent dans de nouveaux projets.

Lundi

Cette semaine nous avons prévu de nous retrouver deux jours en présentiel, mais c’est en visio que commence la semaine. Nous avons programmé cette semaine différents entretiens avec les professionnel.le.s du quartier dans le cadre d’un épisode miroir de l’épisode 4 dans lequel nous avions documenté les solidarités mises en place durant le premier confinement.

Si le téléphone jouait un rôle essentiel durant le premier confinement, cette fois-ci le lien direct avec les habitant.e.s a été maintenu et de nombreuses actions sont en train d’être organisées.

Ce jour-là on appelle Morgane, agent de la Ville de Nantes au sein de l’équipe de quartier Nantes Nord. Elle nous offre un regard intéressant non seulement sur les actions en cours mais aussi sur la manière dont elle voit sa propre utilité. Morgane porte le projet du jardin des habitants que nous avions documenté lors de la fête de la science.

A peine relancé, le projet s’est arrêté à cause du confinement. Morgane, comme tant d’autres professionnel.le.s a ré-inventé sa mission à de nombreuses reprises cette année, allant sur des champs qui n’étaient pas les siens pour apporter son aide sur le premier confinement, trouvant des solutions pour mener à bien des actions tout en respectant les protocoles sanitaires entre les confinements et appuyant les projets partenariats du quartier depuis la fin du mois d’Octobre. Il sera beaucoup question de ce qu’est le service public dans les entretiens que nous avons mené cette semaine. On en discute d’ailleurs avec Françoise, agent du C.C.A.S. de Nantes, que l’on appelle après Morgane. L’entretien est très dense, on en gardera d’autant plus un souvenir marquant, qu’Elvire s’est aperçu au bout de 20 minutes que l’enregistrement n’avait pas démarré. Il y a comme ça dans tout terrain des entretiens qui nous marquent d’autant plus qu’on en perd la trace. On relance Françoise sur les mêmes questions une fois le problème technique résolu mais il n’est pas facile pour elle de se répéter, cela rend l’entretien artificiel.

Mardi

Nous voici de nouveau ensemble pour un entretien et cette fois on se voit vraiment. Même si nos habitudes de travail nous permettent techniquement de gérer la distance, les échanges ne sont pas les mêmes lorsqu’on travaille côte à côte ou face à un écran d’ordinateur.

On appelle Marie-Noëlle, agent du CCAS, qui avait consacré beaucoup de son temps à la veille sociale durant le premier confinement. Cette fois-ci même si elle continue de passer des appels, elle conserve elle aussi une partie de son activité sur le terrain. Elle nous parle d’ailleurs d’une action d’aller vers avec l’association ACCOORD le lendemain. Fred décide d’y aller.

Mercredi

Nous passons la journée sur le terrain. On tâtonne un peu pour s’organiser, On veut à la fois monter le prochain épisode, effectuer des entretiens et présenter à des habitant.e.s un futur projet, à l’écrit cette fois.

On se lance sur le montage après avoir passé quelques coups de fil et calé un entretien en début d’après-midi. Odette arrive pour le café vers 14H00, on l’a rencontré à l’Escale où elle vient faire le ménage pour le compte d’une des sociétés pour lesquelles elle travaille. Elle a plusieurs employeurs dans le champ du nettoyage. Elle trouve le temps de venir nous voir car son médecin l’a placé en arrêt maladie à cause de ses genoux qui la font souffrir lorsqu’elle gravit les étages des immeubles pour nettoyer les cages d’escalier. Elle nous parle de son travail, de sa famille, de la France et de son pays sur le continent africain. Fred fait remarquer après l’entretien que nous avons plusieurs témoignages de femmes fortes qui arrivent à trouver du sens aux deux vies très différentes qu’elles mènent, en France et « au pays ». Nous espérons que cela fera l’objet d’un prochain épisode.

On quitte ensuite l’Escale pour le centre socio-culturel. L’extérieur est le même, avec cette poubelle cassée que l’on voit chaque fois que l’on arrive sur le quartier et qui témoigne de tous les projets d’embellissement du quartier qui se sont arrêtés cette année. L’intérieur par contre s’est transformé. Il y a désormais un bar d’accueil constitué de palettes qui trône en face de l’entrée. On y retrouve Matthieu et Lénaïg bientôt rejoints par Muriel, qui nous racontent leur nouveau projet. Le centre restant ouvert, les habitant.e.s ont pris l’habitude d’en franchir la porte avec des demandes dont iels savent pertinemment qu’elles ne concernent pas le centre mais pour lesquels iels espèrent que les professionnel.le.s du centre arriveront à les aider à démêler la situation et à trouver la confiance nécessaire pour reprendre un lien avec les services publics concernés.

Pour accueillir ces demandes un bar d’accueil a été construit et on y retrouvera dans les semaines qui viennent différents professionnel.le.s du quartier pour aider les habitant.e.s. A côté a été aménagé un espace click and collect pour la bibliothèque et la ludothèque.

En quittant le centre on pense à Sylvie qui n’allait pas bien en début du confinement comme elle nous le raconte dans le dernier épisode.

On l’appelle mais elle ne répond pas. On a l’idée de passer par le jardin devant Empower’Nantes et en effet on l’y trouve. Elle vient de mettre des feuilles pour protéger les plantes de la froideur qui s’est installé depuis quelques jours. elle nous montre le compost installé par le bailleur social.

Fred par ensuite vers La petite censive pendant qu’Elvire va récupérer ses chats chez le vétérinaire.

Vendredi

On se retrouve en début d’après-midi pour finir le montage de l’épisode de la semaine prochaine.

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