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2ème semaine de décembre : la crèche d’Annie

C’est l’évènement de la semaine pour nous et l’événement du mois pour le quartier : la crèche d’Annie est enfin prête et on peut aller la visiter. Le signal est donné quand Annie apporte la dernière touche à son décor en mettant sur ses fenêtres des stickers de Père Noël, de chats et d’angelots. Le rituel est immuable. Année après année, Annie prépare sa crèche durant tout le mois de novembre : elle pousse les meubles de son salon, sort les décorations de ses cartons, installe un à un tous les petits objets et figurines sur les étagères ou sur son décor.

Aussi fou que cela puisse paraître, on entend parler de « la crèche d’Annie » depuis le début de notre arrivée sur le quartier… soit depuis près d’un an ! Alors quand le jour J arrive, on est quand même un peu émues.

Lundi

On retrouve Annie au centre social. Avec ses copines Christine et Anne-Françoise, elles se retrouvent tous les lundis et les jeudis pour faire de la couture. Depuis le début du second confinement, elles se sont remises à faire des masques pour enfants, après avoir beaucoup produit des masques pour adultes au printemps. Même si ce lundi-là, elles ont décidé de faire une pause et se sont essayées au sac pour porter le « plat à tarte » et ont cousu des rideaux pour le centre de loisirs.

On suit ensuite Annie chez elle. Il suffit de traverser le grand terre-plein de la pataugeoire et nous y sommes. La déco commence dès l’escalier et envahit le pallier : des boules, des guirlandes, des Pères Noël, tout y est. Cette année, Annie a choisi de bâtir une crèche autour du thème de l’Espagne et des gens du voyage, fabriquant elle-même de petites roulottes en bois. Les personnages sont tellement nombreux que la scène occupe tout un mur. Sur un autre mur qu’elle a recouvert de « papier de crèche », un papier sombre un peu doré, elle a reproduit le moment de la nativité. « Celle-là c’est pour mon fils », dit-elle dans un sourire.

Annie est comme ça, elle ne se départit jamais de son sourire, même si son regard est parfois un peu triste. Pendant deux heures devant une tasse de thé et en grignotant des crottes en chocolat on parle de Noël, de la messe et des chants… Pour Annie, Noël, c’est sans conteste « le meilleur moment de l’année » car c’est pour elle un moment qui représente la paix, la joie, le partage. La générosité, Annie l’a chevillée au corps. A tel point qu’elle se rappelle de la période du confinement du printemps, quand elle cousu jusqu’à 2000 masques pour les habitant.es du quartier, avec beaucoup d’émotion : « c’était comme si c’était Noël ».

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