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Première semaine de janvier : comme si c’était hier

A la Boissière, tout change dans la continuité.

Nous avions laissé les usager·es de l’Escale dans les cartons au tout début des vacances scolaires. Les cartons sont toujours emballés. Le déménagement n’a pas encore eu lieu à cause de retard dans les travaux au centre socio-culturel qui accueillera désormais l’Escale dans les anciens locaux de la ludothèque, la Ludo ayant elle déménagé dans les anciens locaux de la crèche.

Lundi

On reprend le rythme, c’est-à-dire les Skype. On commence par discuter de tout et de rien pour reprendre contact avec le projet après des vacances qui nous ont fait grand bien.

Puis on décide du thème le prochain épisode et on se donne rendez-vous le lendemain pour l’écrire. Fred consacre une partie de l’après-midi à pré-sélectionner des sons.

Mardi

L’épisode donnera la parole à des migrantes qui nous ont accordé des entretiens biographiques. 3 voix pour 3 parcours très différentes.

Marie « de la BS » accepte de faire pour nous la lecture d’un texte que l’on mettra en intro de l’épisode.

Vendredi

Première visite de l’année à la Boissière. En ce début d’après-midi, il fait froid et les espaces extérieurs sont vides. Le terrain de basket est en partie recouvert de feuilles et le revêtement peint par la street artiste Lady bug à l’été dernier nous semble déjà assez dégradé. Il faut dire que l’association EmpowerNantes située à quelques mètres du terrain et qui a supervisé l’ensemble du chantier est fermée au public depuis le re-confinement de l’automne et il est donc impossible pour les jeunes qui veulent jouer d’utiliser leur souffleur pour déblayer les feuilles.

On poursuit et on passe devant le local de dépôt du bailleur social devant lequel trône un canapé usagé. Elvire le prend en photo, comme à son habitude, pour augmenter sa collec’. Quand on arrive au centre commercial, le petit carré de pelouse qui est devant les boutiques est encore plus sale que d’habitude : déchets plastiques, bouteilles, papiers gras, palettes de bois… la zone est particulièrement dégradée. De jeunes hommes font le guet tout autour, assis sur les murets, adossés aux devantures des magasins. Nous connaissons bien la signification de ces attitudes statiques qui renvoient à des activités de deal. Dans plusieurs discussions informelles, les habitant.es et les professionnel.les du quartier, ont d’ailleurs évoqué une migration des activités de trafics de la pataugeoire vers le centre commercial. Le fait que le petit centre commercial soit appelé à être détruit – sans qu’on ne sache encore vraiment quand – contribue encore plus à faire une zone de relégation.

D’ailleurs, au sein du centre commercial, l’Escale a cessé ses activités depuis plusieurs semaines, d’abord suite aux nouvelles mesures sanitaires et depuis quelques jours parce que son déménagement vers le centre social est présenté comme imminent. Pendant toute la durée des travaux, les activités de l’Escale se dérouleront dans le centre social, situé à quelques centaines de mètres de là. Le déménagement devait avoir lieu début janvier, mais finalement, les travaux d’embellissement de l’ancienne ludothèque qui doit accueillir l’Escale ont pris du retard. Alors tout est en suspens les ustensiles de cuisine sont en carton, les souvenirs sont dans les boites… Et tout le monde attend.

Dans l’après-midi, on croise Muriel au centre social qui nous dit que les personnes âgées sur le quartier trouvent le temps très long et commencent à « perdre le moral ». Avec Mathieu, ils envisagent de proposer des activités en petits groupes : « juste pour discuter et parler de l’été, de ce qui fait du bien », explique Muriel. On donne aussi rendez-vous à Sylvie pour aller faire un tour à sa parcelle. Elle aussi trouve le temps long en ce drôle de début de l’année. Tout le monde se demande bien comment vont se dérouler les prochaines semaines…

Une porte extérieure près de l’Escale

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