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Troisième semaine de Mars : retrouver ses marques en restant chez soi

Sidération

Le temps ne passe plus de la même façon depuis le 12 mars au soir. C’est comme si le temps ne s’écoulait plus de manière linéaire. Les heures et les jours passent mais il y a quelque chose qui est resté en arrière, bloqué entre les premières annonces présidentielles du 12 mars au soir et celles du 16 mars. Il y a aussi cette impression de lignes du temps parallèles, Il y a la ligne de temps du chez soi. Notre quotidien, à nous qui restons chez nous et celui de nos voisins et voisines que l’on entend en dessous et dessus de nos appartements et que l’on aperçoit par la fenêtre. Il y a la ligne de temps de l’espace public, ces photos et vidéo où on voit celles et ceux qui persistent dans leur occupation des rues, des plages et des parcs. Et il y a la première ligne, les travailleuses et travailleurs qui sont à leur poste dans les services publics et les commerces d’alimentation afin que le plus grand nombre d’entre nous puissent atteindre le jour d’après.

Connexion

Nous avons passé la semaine devant nos écrans. Déjà indispensables à notre activité, nos smartphones et ordinateurs sont devenus les outils sans lesquels on ne pourrait pas continuer notre travail et nos relations sociales. Quand est-il des habitant.e.s qui ont des forfaits téléphoniques limités, qui n’ont pas les moyens d’avoir un abonnement Internet ou qui n’ont pas d »‘ordinateur ou d’imprimante pour permettre aux enfants de suivre les enseignements à distance ? Comment les personnes isolées qui vivent cet enfermement au quotidien depuis longtemps ressentent-elles nos plaintes de ne pas sortir et voir du monde ?

Visibilité

On ne s’est pas demandé si on reculait le lancement du projet. On s’est juste dit qu’on allait réfléchir au jour le jour à comment enquêter sans être sur le terrain. Le quotidien que l’on veut mettre en avant dans La bonne cage est encore plus absent des préoccupations politiques et médiatiques nationales qu’il ne l’était quand nous avons commencé l’enquête en janvier. Les inégalités sociales renforcent les inégalités de santé et les inégalités d’apprentissage, Les inégalités économiques sont amoindries par le recours à des mécanismes d’entraide alimentaire ou des habitudes de courses qui ne sont aujourd’hui plus mobilisables. Ce n’est pas qu’il n’y a plus rien mais les inégalités sociales jouent un rôle également dans l’accès à l’information et dans sa réception.

Sidéré.e.s, mal connecté.e.s et invisibilisé.e.s dans le débat public, les habitant.e.s enfants et adultes des quartiers prioritaires sont aujourd’hui surexposés face au risque d’épidémie et à ses conséquences éducatives, sociales et économiques.

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