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Quatrième semaine de mars : nos débuts en ligne

Bon ben…

C’est le printemps.

On a lancé le podcast mercredi avec un premier épisode consacré aux élections vues à travers le regard des habitants et un bonus dans lequel Vanessa Jérôme est revenue pour nous sur l’image médiatique de la femme politique. En effet, six candidates se sont affrontées lors du premier tour des élections nantaises.

Ce lancement a été un moment joyeux, parce qu’on aime ce projet et qu’on apprécie beaucoup de travailler ensemble mais c’était quand même aussi sacrément bizarre.

Bizarre parce qu’on s’aperçoit qu’on a déjà plus la même notion du temps alors que le confinement date d’il y a juste 15 jours.

Bizarre parce que lorsqu’on relit les anciennes entrées du journal de terrain, on repense à notre inquiétude de nous retrouver coupées du terrain en mars à cause de notre charge de travail d’enseignantes. L’expression « coupées du terrain » a pris un tout autre sens depuis le 12 mars.

Bizarre parce qu’on a décidé de continuer l’enquête à distance et que l’on se retrouve à entrer en contact avec des gens qu’on a jamais vu et qu’on ne sait pas quand on verra. C’est loin de nos habitudes de travail et ça ajoute des contraintes techniques contre lesquelles nous ne sommes pas armées.

Mardi

Chacune devant notre ordinateur on s’est données rendez-vous sur Skype pour écouter le premier épisode. Tiko nous a envoyé dans la soirée de lundi le mixage final. On aurait pu l’écouter chacune de notre côté. Mais ça n’aurait pas été pareil. Alors on l’écoute ensemble, et à la fin, on rit et on se dit qu’on est sacrément fières de nous.

Ensuite on appelle Sylvie pour prendre de ses nouvelles. Elle est chez elle avec ses poissons et son chat. On parle des voisins de la cage d’escalier qu’elle croise lorsqu’elle descend déposer les poubelles, d’un jeune chien que pompiers et policiers sont venus délivrer en forçant la porte de l’appartement après trois jours d’absence de ses maitres et des connaissances, principalement des jeunes, qu’elle voit quand elle va un peu respirer l’air plus ou moins frais, au pied de son immeuble. Juste avant le confinement Sylvie a créé avec EmpowerNantes le logo de son association. Le bailleur social, Nantes Habitat, a mis a disposition 100 m2 de terrain sur lequel cultiver des légumes et des herbes aromatiques et la Ville de Nantes a accordé une subvention pour l’achat du matériel de jardinage. Quand on lui demande la première chose qu’elle fera après le confinement, elle dit « mettre les mains dans la terre« .

Yoan que l’on appelle ensuite essaie de garder le contact à distance avec les habitants, Sylvie et lui se sont parlés récemment. Inquiet des situations des personnes isolées, il s’interroge sur ce qu’est la médiation sociale en situation de confinement.

Mercredi

Hello, world.

Ca y est, La bonne cage est en ligne. Enfin par sur Apple Podcast, parce que nous avons découvert que le podcast devait être validé avant que la mise en ligne soit autorisée. Entre le montage et la mise en ligne, on a encore dû apprendre plein de nouvelles choses mais effet positif du confinement, ça nous fait plus peur depuis qu’on a dû en quelques jours apprendre à faire des cours en distantiel. Il se pourrait même que grâce à ça un jour La bonne cage est un Discord.

Jeudi

Fred passe une bonne partie de la matinée à organiser des entretiens. Début mars, nous avions convenu avec Nantes Habitat que le bailleur social sollicite les nouveaux arrivants à la Boissière pour savoir si certains accepteraient de nous raconter leur aménagement. Deux nouveaux locataires ont accepté, ces contacts qui nous sont parvenus hier tombent à pic.

Vendredi

Nous avons 4 entretiens de prévu aujourd’hui dont pour la première fois un homme.

on a eu recours à la conférence téléphonique via Skype pour enregistrer les sons de vendredi

On commence avec Sitti, que nous avions rencontrée à un meeting politique sur le quartier en février. Sa prise de parole forte sur le rapport éducatif entre les adultes et les jeunes du quartier nous avait marqué. Son travail et ses enfants lui laissant peu de temps, nous n’avions pas pu encore la rencontrer. Elle est actuellement en arrêt et s’occupe à plein temps de ses enfants. Le quotidien est chamboulé, faire classe à la maison est très différent d’aider les enfants à faire leurs devoirs. On parle avec son ainé, de la manière dont se déroule la classe à la maison.

On appelle ensuite Saber qui a emménagé très peu de temps avant le confinement. Il est actuellement en colocation et avait prévu de faire les travaux de rénovation de son appartement avant d’emménager. Avec le confinement, c’est beaucoup moins facile que ce qu’il avait imaginé mais il a plus de temps car il est en chômage technique.

Isabelle est arrivée sur la Boissière une semaine avant le confinement. Elle connaissait le quartier de loin car c’est sur sa route pour aller chez le médecin. Son récent emménagement la prive de la ligne internet nécessaire au télé-travail, le technicien qui devait établir sa ligne n’a pas pu passer en raison du confinement. Elle est en arrêt maladie et s’occupe de son jeune fils de 6 mois.

Par mail, on reçoit des nouvelles d’un des kapseurs rencontrés il y a un mois et qui est actuellement dans sa famille.

La journée se termine par un premier contact par Skype avec Gaële Henri-Panabière, sociologue et maitresse de conférence en sciences de l’éducation qui a accepté de participer à un prochain numéro sur les inégalités scolaires en temps de confinement. Comme lors de nos échanges avec Vanessa Jérôme, on est marquées par la disponibilité et le sens du bien commun de ces chercheuses qui prennent le temps de travailler avec/pour nous les émissions.

Samedi

A l’entrée de la Boissière, le métier de Marie-Noelle, avant.

Pour finir la semaine, on appelle Marie-Noëlle qui travaille au CCAS. Son quotidien de travail d’avant, c’était d’être sur le quartier au contact direct des habitants dans l’espace public ou dans des lieux associatifs et institutionnels. Depuis le confinement, c’est par téléphone qu’elle aide les habitants, de chez elle en télé-travail ou depuis les bureaux du CCAS. Le confinement s’est produit dans la seconde partie du mois, mettant en grande difficulté les personnes qui n’arrivent pas à finir le mois et qui peuvent se tourner vers le CCAS pour une aide financière ou alimentaire. Avec le confinement, c’est tout l’accès aux services publics qui a été ré-inventé en quelques jours.

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