Passer au contenu

Seconde semaine d’Avril : on est un peu perdues

La fatigue est installée.

S’y ajoute la pesanteur des entretiens réalisés au cours des quinze derniers jours.

Et une question : vers quoi va-t-on ?

Lundi

On se relance non sans mal, mais cette sensation d’être là sans y être, s’efface dés que se fait entendre la voix de Marion Segaud.

Frédérique a utilisé les travaux de Marion Segaud durant sa thèse sur les figures contemporaines du travail à domicile. C’est elle qui a pensé à interviewer l’anthropologue pour discuter des sens qu’ont l’espace public, l’espace privé et désormais l’espace confiné.

Mais voilà, on.a fait choux blanc lorsqu’on a recherché les coordonnées de Marion Segaud sur Internet. On a tenté de bricoler au pifomètre une adresse mail professionnelle à partir de la formalisation des adresses mail de son université.

Ça n’a pas marché.

Alors on a lancé plusieurs appels à l’aide, sur Twitter et auprès du master Politiques d’aménagement urbain et littoral côte d’Opale.. le secrétariat du master a été très réactif malgré la charge de travail liée à la période de confinement et a transmis notre mail au sociologue Hervé Flanquart qui disposait des coordonnées de Marion Segaud.

Elle nous a tout de suite répondu et l’on s’est fixé un temps d’échange téléphonique.

Durant le confinement, on utilise Skype pour lancer une conversation à plusieurs téléphones.

Du coup, lorsqu’on entend sa voix, ça fait du bien. Parce que c’est une voix douce et sympathique. Parce que c’est aussi une voix enjouée qui transmet l’envie de partager son expérience et ses travaux. Parce que c’est un beau moment et que cela nous rappelle que ce projet c’est avant tout un espace qu’on s’est offert et non une charge qu’on doit porter.

Alors on redémarre.

On se répartit le travail pour les jours à venir, principalement finir de préparer la diffusion de l’épisode 2 et préparer le conducteur de l’épisode 3. Et on se dit à plus tard.

Mardi

On écoute à distance notre nouvel épisode intitulé Seul.e.s que Tiko vient de mixer. La première écoute nous déstabilise un peu car nous avons choisi de faire écouter des témoignages de femmes qui nous émeuvent et qui renvoient aussi en partie à notre propre désarroi.

Mercredi

Au réveil, on le réécoute chacune de notre côté, et on reprend confiance. Cet épisode est nécessaire. Il dit en tout cas quelque chose de la manière dont évolue cette enquête et dont étrangement les liens continuent de se tisser avec les enquêté.e.s. La plongée dans le quotidien devient la chambre d’écho des effets engendrés par le confinement.

Jeudi

On rappelle Sylvie, Doriane et Sitti… On prend des nouvelles des unes et des autres, on papote, on rigole aussi… On échange surtout longuement avec Sitti et son fils Mouslim sur la manière dont ils bricolent des solutions pour maintenir le lien avec l’école. On prend aussi conscience au détour de la conversation que le Ramadan doit débuter le 23 avril. Après un dimanche de Pâques confiné, le rituel musulman va lui aussi être complètement bouleversé.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *