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Première semaine de mai : et après ?

Cette semaine nous avons eu plus que jamais l’impression d’être dans un entre deux.

Entre nous, tout d’abord. Cette semaine a été riche en émotions et tensions que la dynamique de notre binôme permet d’absorber et de gérer.

Entre le temps du confinement et celui d’après. Cela s’est senti dans les échanges avec les habitant.e.s mais aussi dans l’avancement des numéros du podcast. Depuis le début du confinement, nous avançons à tâtons. Le thème de l’épisode 2 et celui d l’épisode 3 ont été trouvés alors que nous avions 15 jours pour construire et réaliser l’épisode 2. On a travaillé pendant plusieurs semaines à flux tendus et à l’aveugle, à la seule lumière de l’écran de nos ordinateurs. Puis on a commencé à pouvoir voir plus loin et les thèmes des solidarités, pour l’épisode de cette semaine, et du travail confiné, pour le prochain se sont imposés assez vite et nous ont laissé le temps de nous préparer.

Entre la distance et la présence. Allons-nous vraiment retourner sur le terrain ? Avant le confinement nous passions fréquemment plusieurs demi-journées par semaine à la Boissière. Qu’allons-nous faire demain ? Qu’allons-nous inventer comme pratiques d’enquête pour retourner au plus près, sans être contaminante ou contaminée ? Ces questions ne sont pas quelque chose qu’on voyait jusqu’ici dans les manuels d’enquête, mais les postillons font partie du travail qualitatif. Du coup, on fait quoi ?

Des « du coup » et des « euh » on en enlève pas mal au montage des épisodes de La bonne cage. Ce confinement quoi qu’il advienne restera un souvenir cher à nos deux coeurs, pour les émotions, les joies, la fierté, les atermoiements et les légères crises existentielles que La bonne cage confinée nous a apporté.

Lundi

Nous appelons Brigitte, travailleuse sociale chez le bailleur social qui possède le parc de logements de la Boissière. Au quotidien, elle travaille au sein d’un Pôle fragilité qui intervient pour proposer aux locataires un accompagnement pour leur faciliter le quotidien, qu’il s’agisse d’une aide pour trouver ses marques lors de l’emménagement (ouvrir un compteur, trouver des meubles…) ou pour gérer le quotidien (démarches administratives, tri des courriers…).

Avec elle, on discute du télé-travail et de la manière dont elle a adapté sa pratique au confinement. On parle de ce lien si fragile qu’elle continue à tisser au téléphone avec les locataires, y compris avec certains qu’elle n’a encore jamais vu physiquement mais qui ont besoin d’être accompagnés dans leur emménagement. Quand on arrive dans un nouvel appartement en plein confinement, la solitude et la perte de repères sont encore plus difficiles à gérer pour les plus fragiles.

Mardi

On travaille dans nos chambres comme aime à le dire Fred.

Mercredi

C’est la sortie de l’épisode 4. On l’écoute une dernière fois de bon matin avant de le mettre en ligne.

Puis on appelle Christine. Si vous nous suivez avec attention, vous connaissez Christine qui habite en résidence-autonomie et Christine qui s’occupe du CAPS qui propose du lundi au vendredi un repas du midi à bas prix aux habitants du quartier. Ce mercredi, on appelle Christine de l’Escale.

L’Escale, à l’époque où le lieu était ouvert au public, dans le petit centre commercial de La Boissière

L’Escale est un lieu de proximité du CCAS, qui accueille les personnes isolées du quartier autour d’un café ou d’une activité collective. Christine y a pris ses fonctions à la toute fin du mois de février, quelques semaines à peine avant le début du confinement. Alors elle aussi est pendue au téléphone pour prendre des nouvelles des « habitués de l’Escale » et repérer les situations qui peuvent être alarmantes. Parfois les conversations s’étirent, les angoisses s’expriment.

Elle dit apprécier particulièrement la préparation des paniers de fruits et de légumes un jeudi tous les 15 jours au centre socio-culturel de la Boissière, car elle « aime être sur le terrain » et « avoir l’impression d’être vraiment utile ».

Jeudi

La veille, on avait appelé Sylvie sans succès. Le confinement lui pèse de plus en plus, on avait hâte de l’entendre. On parvient à l’avoir jeudi soir. On parle du chat qui « reprend de la bête » (comme elle dit), après être tombé du rebord de la fenêtre et avoir passé plusieurs jours dehors. Sylvie évoque aussi son envie de sortir et d’agir. Elle a en vue des géraniums vendus chez Leclerc qu’elle aimerait planter dans les jardinières de l’association EmpowerNantes.

Vendredi

Le V de la Victoire mais pas encore le W du Week-end.

Dans l’après-midi, on joint la chercheuse Aurélie Jeantet dont les recherches portent sur les émotions au travail. Elle a accepté de nous accorder un entretien pour le bonus de notre prochain épisode qui sera consacré au travail confiné.

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