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Hors-série Déconfinement Un espace à soi Entretien avec Marion Segaud

Avant d’ouvrir la porte et de sortir, on voulait réfléchir avec vous à ce que le confinement a fait de notre rapport à l’espace, comment cela a changé notre regard sur notre chez soi et les relations qu’on y entretient avec soi et les personnes qui habitent avec nous.  

Marion Segaud est anthropologue de l’espace. Au départ de son intérêt pour l’anthropologie, il y a un enseignement en Ecole d’architecture en 1968 et une réflexion sur ce que les sciences humaines et sociales peuvent apporter aux architectes dans leur compréhension de l’espace. Cette réflexion est au cœur de sa carrière. Elle commence  à l’université de Nanterre, avant d’intégrer le ministère de l’équipement et d’y travailler sur la question du logement. Aujourd’hui retraitée, elle a fini sa carrière à l’Université du Littoral Côte d’Opale dans une filière d’aménagement. Cela lui a permis d’associer professionnels de l’urbain et du logement à la réflexion universitaire dans une ville, Dunkerque qui fait figure de laboratoire des transformations urbaines.  

Avec Marion Segaud nous avons commencé par définir ce qu’est l’anthropologie, cette observation méticuleuse du quotidien dans sa banalité et sa régularité qui permet de comprendre le sens que les humains donnent aux lieux, aux pratiques, aux êtres et aux choses.   

Dans différentes cultures et régions du monde, l’homme habite. Il s’approprie et donne du sens à un espace dont il fait “son coin” qu’il habite un logement, un pas de porte ou une cellule de prison. Notre rapport à l’espace est un rapport à soi et aux autres, de l’intimité de notre logement, au pallier où l’on rencontre ses voisins, à la rue qui nous conduit dans les espaces collectifs que sont l’école ou le travail, par exemple. Après avoir discuté du rapport à l’espace d’avant, nous avons parlé de l’espace confiné, un espace saturé d’activités.  

Si vous ne connaissez pas ou peu l’anthropologie, cette vidéo vous permettra de mieux comprendre de quoi il s’agit.

Mis en ligne par Darah le 29 décembre 2019.

Bibliographie

Gaston Bachelard, 1967, La poétique de l’espace, Paris, PUF. Le lien renvoie à une édition en ligne grâce au travail bénévole de la bibliothèque des classiques des sciences sociales.

Alessia de Biase et Cristina Rossi (dir.), 2006, Chez Nous : territoires et identités dans les mondes contemporains, Paris, Éditions de la Villette. Vous pouvez lire ici une note de lecture sur l’ouvrage par Cynthia Ghorra-Gobin.

Mona Chollet, 2015, Chez soi. Une odyssée de l’espace domestique, Paris, Zones – La découverte. A lire en ligne ici grâce aux éditions Zones.

Erving Goffman, 1075, La mise en scène de la vie quotidienne. La présentation de soi, Paris, Editions de Minuit. Avec ici une brève mise en perspective de l’ouvrage dans la revue Sciences Humaines.

Nicole Haumont, 1966, Les pavillonnaires, Paris, CRU, ré-édité par L’harmattan. C’est un ouvrage qui a fait date dans l’étude de l’habitat en général et du pavillonnaire en particulier. Pour une mise en perspective des apports de cet ouvrage et des travaux qui ont suivi vous pouvez lire cet article de Hervé Marchal et Jean-Marc Stébé.

Marion Segaud, 2010, Anthropologie de l’espace. Habiter, fonder, distribuer, transformer, Paris, Armand Colin.

Marion Segaud, Jacques Brun, Jean-Claude Driant, 2002, Dictionnaire critique de l’habitat et du logement, Paris, Armand Colin. l’ouvrage est épuisé mais accessible en bibliothèque. Vous pouvez consulter ici une note de lecture écrite par Jean-Pierre Bondue.

Marion Segaud, Catherine Bonvalet, Jacques Brun, 1998, Logement et habitat : l’état des savoirs, Paris, La Découverte.

Crédits

Conduite de l’entretien et réalisation : Frédérique Letourneux et Elvire Bornand  

Musique : Ren 

Lecture : Erell Latimier 

Texte : Georges Perec, Espèces d’espaces, Paris, Editions Galilée.  

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