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Seconde semaine de mai : retrouver un rythme

Lundi 11 mai est arrivé. Une date qu’on a tant entendu à la radio et la télévision et lu dans la presse que cela parait presque étrange de la voir arrivée.

Pour La bonne cage, ce lundi ressemble aux autres, l’enquête n’est pas encore déconfinée même si Fred a des fourmis dans les jambes.

Lundi

C’est jour de montage.

Il y a quelques semaines, nous avons interrogé Marion Segaud, anthropologue de l’espace. Au départ, nous avions pensé que cet entretien accompagnerait un épisode à venir sur le logement. Mais en l’enregistrant, puis en le réécoutant, nous nous sommes dits que le propos était plus large que la question du logement et surtout qu’il entrait tellement en écho avec le confinement qu’il fallait l’y associer.

On a donc décidé d’en faire notre premier super bonus, méta-bonus, hors-série, [insérer le mot qui convient], en le sortant pour marquer le début du déconfinement. Puis le travail s’est accumulé et nous l’avons monté le jour de sa sortie.

Mardi

Cela faisait longtemps que l’on ne s’étaient pas retrouvées de bon matin par Skype pour lancer une journée d’entretiens.

Le bureau de Fred

On commence par appeler Valérie qui est bénévole aux Petits frères des pauvres. Depuis décembre, elle rend visite tous les quinze jours à une habitante âgée de la Boissière qui vit seule et peine à sortir de chez elle. Ensemble on parle de son engagement et de la relation qu’elles ont nouée. Hormis une voisine, la personne aidée ne voit que l’infirmière, l’aide à domicile et les bénévoles de l’association. Cette rareté des relations intensifie les rencontres et le temps passé ensemble, le plus souvent à simplement parler.

On essaie ensuite d’appeler Nabila mais son téléphone est sur répondeur, comme souvent lorsqu’on essaie de l’appeler. On passe ensuite un coup de fil à Nanou. C’est pour son fils le premier jour du retour à la crèche. Nanou se sent rassurée par cet accueil qui lui donne le temps d’organiser les nombreux rendez-vous et démarches qu’elle doit faire pour sa santé. Le confinement a été très dur pour elle mais quand on en parle elle dit qu’elle s’accroche.

Après la pause de midi, on a un rendez-vous téléphonique avec Yoan d’Empowernantes. Yoan porte un regard très réfléchi sur le quartier Nord dans lequel il habite et travaille. C’est un quartier qu’il connait bien dans les lieux comme dans les inégalités qui le structurent. On parle des solidarités qui se sont nouées durant le confinement mais aussi des tensions; un ascenseur tombé (sans personne à l’intérieur) dans une tour de 15 étages; les habitants qui n’osent plus prendre le second ascenseur et qui en montant et descendant à pied croisent vendeurs et acheteurs de drogue et des coups de feu échangés.

On fait connaissance ensuite avec Mohamed. On se se parle pas longtemps car il est attendu en réunion mais on a hâte de pouvoir échanger avec lui et d’avoir son regard de médiateur sur le quartier.

On finit la journée par un entretien avec la chercheuse Dominique Paturel. On attendait cet échange, qui accompagnera l’épisode 4 sur les solidarités sorti il y a un peu plus d’une semaine.

Dominique Paturel travaille sur l’alimentation. Avec elle nous discutons de l’aide alimentaire, du droit à l’alimentation et de la démocratie alimentaire. C’était passionnant et vous pourrez l’écouter très vite…. mais pour le moment il faut que l’on monte l’épisode 5.

Jeudi

L’épisode qui sera diffusé mercredi prochain porte sur le travail confiné. Nous avons déjà un peu abordé le sujet en donnant la parole à Muriel, Marie-Noëlle et Françoise dans les épisodes 2 et 4 mais il nous semblait important d’y consacrer un épisode entier pour garder traces des pratiques professionnelles qui se sont inventées et adaptées durant le confinement et des émotions qui s’y sont jouées.

La journée de montage a été entrecoupées d’un entretien avec Mohamed, médiateur de quartier. Lui aussi a du adapter sa pratique professionnelle à la pandémie. en travaillant par téléphone alors que l’essence même de son métier est l’aller-vers, le contact, comme il nous le rappelle. Et tout n’est pas revenu « à la normale » lundi dernier. Les déambulations dans le quartier des médiateurs ont repris mais dans un format adapté au respect des consignes sanitaires.

Dans la fin de semaine, chacune a retrouvé son espace à soi, entrecoupées de lectures pour La bonne cage car lundi nous avons trois rendez-vous calés avec des chercheuses pour préparer les prochains épisodes.

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