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Troisième semaine de mai : l’importance du collectif

Cette semaine nous avons beaucoup discuté du projet. Le podcast compte à ce jour 10 émissions. Cela amène son flot de questions.

Des questions sur les plateformes de contenus. On ne peut plus laisser l’ensemble des émissions sur Soundcloud, le volume horaire gratuit de mise en ligne est dépassé. Alors on enlève, mais quoi ? Les bonus ? Les émissions les plus anciennes ? Les deux en fait car les derniers numéros parus sont plus longs et consomment une grande partie de notre espace gratuit. On se dit alors qu’on pourrait peut être prendre un abonnement et on en découvre avec effarement le prix élevé avant de renoncer.

Des questions sur le matériel dont nous disposons. Nous rencontrons des difficultés au quotidien. Cela fait partie du projet mais pour l’épisode Hors-Série marquant la fin du confinement, nous avons été alertées par des auditrices sur le son très bas de l’épisode. Il s’est passé quelque chose durant la compression de l’émission. Quoi, on ne sait pas. On ne s’y connait pas encore assez. Mais c’est frustrant, parce qu’il y a tant d’énergie et de travail derrière.

Des questions de nombre. Qui nous écoute, combien sont-ils ? Ce serait quoi le chiffre qui nous ferait dire que c’est beaucoup ?.A quoi se comparer ? La satisfaction que l’on tire de ce projet peut vite céder le pas à de la frustration quand on aborde la dimension de la communication. Par le temps qu’il faut passer à dire qu’on existe pour se faire écouter. Par la sensation d’alourdissement de la charge de travail qui nait quand on mesure la distance entre notre projet et vos oreilles.

Heureusement que quelques réponses arrivent aussi. A point nommé pour rester motivées. Il y a le soutien de celles et ceux qui nous écoutent et nous font des retours. Il y a les premières mentions de La bonne cage dans des recommandations d’écoute.

Alors, on continue, à apprendre chemin faisant, convaincues que les voix qui s’expriment dans La bonne cage comptent.

Lundi

Nous avions trois temps d’échange dans la journée. Un problème de dernière minute les a réduit à deux.

Nous avons commencé la semaine par une discussion avec Pascale Pichon, sociologue qui travaille sur le sans-abrisme. La discussion avait pour but d’identifier les thèmes autour desquels construire l’entretien bonus qui accompagnera l’épisode 6 Un toit sur la tête. On voit se tisser des liens entre les différents entretiens. Chez Marion Segaud comme chez Pascale Pichon on retrouve l’idée de la ville comma laboratoire (Dunkerque et Saint Etienne) et la dimension de la pluriprofessionnalité avec des collaborations avec des architectes, des urbanismes ou des designers. En écoutant Cécile Van de Velde et Pascale Pichon, on voit apparaitre l’enjeu des catégorisations générées par l’action publique et l’importance des analyses socio-historiques.

C’est toujours un temps particulier de l’enquête ce moment où on réalise qu’une cohérence se dessine et que les prémisses d’une analyse se structure.

On perd la notion du temps dans la discussion et on arrive avec dix minutes de retard au rendez-vous virtuel où nous attend la sociologue Aurélie Jeantet. On enregistre le bonus de la semaine dans lequel elle apporte son éclairage sur la place des émotions au travail. Une petite place. Il s’agit aujourd’hui plutôt dans le monde du travail de gérer ses émotions, elles ne sont pas perçues comme un levier mais comme un risque, notamment dans le travail social où il est question de la juste distance entre professionnel.le et usager.e. Lorsque les émotions ont leur place, ce ne sont pas celles ressenties par le professionnel mais vendues comme une partie de la prestation de service, comme le sourire de l’hôtesse de l’air que l’on retrouve de l’affiche publicitaire à la cabine.

On remet à la semaine prochaine notre échange avec Marine Legrand mais on a hâte d’aborder une question qui nous taraude depuis notre arrivée à la Boissière.

Les abords du centre socio-culturel de la Boissière.

Mardi

Jour de montage.

Nous écrivons les textes d’accroche et de conclusion, enregistrons nos voix et montons, enfin surtout Fred, le bonus Entretien avec Aurélie Jeantet. C’est une de ces journées où le travail ensemble se glisse entre nos autres tâches. Si le travail à distance n’est pas toujours facile, il permet de créer un moment de rencontre virtuelle quand les agendas nous feraient renoncer s’il fallait travailler au même endroit au même moment.

En fin de journée le bonus est prêt et programmé pour diffusion le lendemain à l’heure du déjeuner.

Mercredi

Jour de diffusion.

C’est la première fois qu’on n’écoute pas ensemble l’épisode mixé avant de le diffuser. Ça continue à nous faire quelque chose ce moment où on déclare que l’épisode est prêt.

Ce n’est pas de la magie mais c’est une chance. La chance que des personnes enthousiastes, impliquées et compétences donnent du temps et de l’énergie à ce projet. Erell, Hélène, Romain, Noël à la lecture, Ren à la musique et Tiko au mixage. La chance aussi de trouver quelqu’une avec qui on a envie de passer autant de temps à travailler sur un projet. Et donc aussi la fierté d’entendre sa binôme non pas sur skype ou dans La bonne cage mais sur France Culture pour y parler du travail à distance, l’objet de son riche travail de thèse et aussi une réalité qu’elle connait de l’intérieur en tant que journaliste.

Le mercredi soir, on reçoit un « we transfer » de la part de Nathalie Barré, archiviste à la Ville de Nantes, chargée spécifiquement de l’histoire et de la mémoire des quartiers. Nous recevons plusieurs dizaines de photos en noir et blanc prises dans les années 1958-60 au moment de la construction de la Boissière. Joie !



Vue aérienne du quartier de la Boissière, cliché août 1958.

La fin de semaine est consacrée à nos activités professionnelles respectives et à des lectures qui nous permettront de préparer les épisodes à venir. La semaine prochain, on retourne à la Boissière, pour de vrai.

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