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Troisième semaine de Février : habiter, travailler, militer dans le quartier Nord

C’est un peu la semaine où jamais. A partir de lundi 24 s’enchaînent au moins trois semaines de boulot avec beaucoup d’enseignements. On sait qu’on ne pourra plus passer beaucoup de temps sur le terrain. Alors il faut prendre beaucoup de sons maintenant parce que la diffusion de la première émission va arriver beaucoup trop tôt.

On a beaucoup dit beaucoup vous trouvez ? C’est parce que cette semaine, il se pourrait qu’on se mette un peu la pression.

Lundi, on participe à un séminaire sur l’Atlas social de la métropole nantaise.

Quel rapport avec le podcast ? Eh bien tout d’abord on est bien à Nantes Nord, le quartier accueille la façon de lettres et sciences humaines et surtout c’est l’occasion de rencontrer Jean Rivière et Christophe Bartady que l’on souhaite interviewer sur leurs recherches sur le vote à Nantes.

Rendez-vous est pris avec Christophe Bartardy pour mercredi.

L’après-midi on planifie, on s’organise, on passe une tête au centre socio-culturel et surtout on traque.

Plus qu’un défi, c’est une mission. Il nous faut absolument les roucoulements de Marcel le pigeon pour le générique du podcast. Marcel habite le toit de l’Escale. On l’entend tout le temps, mais l’enregistrer avec un son suffisamment bon pour pouvoir l’intégrer au générique s’avère « légèrement » compliqué.

On est toujours lundi, il est maintenant 18H00 passés, on chemine en tram vers la salle festive de Nantes Nord où se tient un meeting politique de Johanna Rolland, maire candidate à sa ré-élection.

Durant les questions-réponses, nous sommes frappées par le témoignage d’une maman. Elle explique que de son point de vue les parents du quartier ne doivent pas laisser la police comme seul interlocuteur de leurs enfants sur les questions de sécurité. A la fin du meeting on va à sa rencontre pour lui présenter notre projet et on échange nos coordonnées. On parle aussi avec des locataires des tours Québec qui vivent des situations très difficiles dues à l’occupation des halls et des escaliers pour du deal et par des personnes sans domicile qui viennent y dormir. Les habitantes décrivent aussi des conditions de logements dégradées.

C’est notre troisième semaine sur le quartier et on commence à se dire que les voix qu’on entend le plus sont celles des femmes. Ce sont elles qui parlent du quotidien, du rapport aux autres, de l’état des logements, de l’éducation des enfants….

Mardi, on profite d’un entretien annulé pour continuer à trier et analyser les données que l’on a récoltées.

Mais surtout…

Marcel mène 2 à 0 et il le sait.

Marcel marchant d’un pas triomphal vers deux de ses proches amis pour leur annoncer qu’on a toujours pas réussi à l’enregistrer

Mardi soir, on va à la rencontre des kapseurs qui ont emménagé à la Boissière en Janvier. Techniquement « on va à la rencontre » signifie qu’on arrive à se perdre dans un mouchoir de poche car le GPS n’est pas d’une grande utilité pour les rues qui relient les barres et les tours. L’interphone ne marche pas, Doriane et Raphael nous retrouvent en bas pour nous ouvrir. On grimpe dans la tour. C’est la première fois que l’on voit la Boissière d’en haut.

La Boissière vue du 8eme étage

Les kapseurs est un dispositif géré par l’AFEV. En échange d’un loyer réduit grâce à un partenariat avec un bailleur social, les Kapseurs s’engagent à intégrer et amplifier une dynamique de quartier. Doriane, Pierre et Raphael sont les trois Kapseurs de la Boissière. Ils ont des âges, des parcours de vie et des projets très différents, mais ils n’ont pas eu de mal à s’approprier la colocation et à commencer à faire la connaissance de leurs voisins. En fait leur dynamique est assez proche de la notre. Ils arrivent dans un quartier inconnu, passent du temps à essayer de comprendre qui est qui et qui fait quoi pour s’intégrer au quartier. Les suivre tout au long de l’année va être l’occasion de croiser nos ressentis sur le quartier.

Mercredi on reprend la direction de l’Igarun, l’institut de Géographie et d’Aménagement Régional de l’ Université de Nantes. On a oublié de préciser, c’est là qu’on était lundi pour le séminaire sur l’atlas social de la Métropole nantaise.. Christophe Batardy nous reçoit pour parler géographie électorale. On prend nos marques en découvrant l’évolution des zonages de l’INSEE et des bureaux de vote.. Une grande partie du travail de Christophe Batardy consiste à retrouver, nettoyer et concatèner des données, qu’il analyse ensuite avec Jean Rivière. On enregistre une interview sur l’élection municipale de 1977 qui joue un rôle important dans l’histoire de la vie politique nantaise.

On se dirige ensuite vers la Boissière, c’est à quelques arrêts de tram de la fac. On passe au centre socio-culturel où l’on espère trouver un exemple du livre sur l’histoire du quartier Nantes Nord édité par une association d’habitants. Dans l’entrée du centre on fait la connaissance de Léanig qui s’occupe de la ludothèque et de la bibliothèque. Elle nous trouve le livre dont on a besoin et nous fait visiter les lieux. On passe ensuite à l’Escale où l’on fait la connaissance de Christine du CCAS qui vient de prendre son poste de coordinatrice du lieu et que l’on va beaucoup croiser dans les prochains mois.

On essaie une nouvelle fois d’enregistrer le roucoulement des pigeons. Je vous laisse imaginer sur quel score Marcel finit la semaine.

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